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vendredi 12 septembre 2014

Troque adieux océaniques contre émigration thaïlandaise

Fini les fjords et les montagnes enneigées, l'avion ayant quitté la petit ville néo-zélandaise de Christchurch nous emmenant sous les tropiques de Cairns, au large de laquelle se trouve la fameuse Grande barrière de corail.

Première et malheureusement dernière photo de la Grande barrière, la faute à une mauvaise manip de ma part ayant entrainé la perte de tous mes fichiers GoPro

Une fois arrivés, nous troquerons notre emblématique van vert pour un modeste 4x4, bien plus adapté aux contrées dans lesquelles nous nous apprêtons à nous rendre. Direction en effet la forêt tropicale, pour une aventure de quelques jours hors des sentiers battus. Fini les longues lignes droites d'asphalte à avaler volume de l'auto-radio à fond, place aux pistes boueuses et autres traversées de rivières.

Le 4x4 étant un modèle plutôt basique, sans prise d'air extérieure, nous étions un peu inquiets de parvenir à franchir tous les obstacles présents sur la piste, mais cette dernière se révèlera plutôt facile, un peu trop à mon goût à vrai dire. Les emménagements sont assez nombreux, les pentes très raides sont goudronnées, les cours d'eaux un peu trop agités sont enjambés de ponts.

L'aventure commencera à vrai dire véritablement lorsqu'il faudra monter le camp pour la nuit. Car le camp se trouve en effet... Au-dessus de nos têtes ! Je vous épargne la galère que nous avons vécu et vous montre directement le résultat final :


Notre spot de camping pour la nuit !

Spot de camping, c'est à vrai dire une réalité quelque peu embellie. Nous sommes en fait vulgairement garés sur le bas-côté de la piste, à un endroit où il n'est absolument pas autorisé de bivouaquer. Les sanctions sont assez strictes concernant cette infraction en Australie, nous tremblerons donc comme des enfants ayant volé un paquet de bonbons à l'épicier du coin à chaque passage de voiture sur la piste tout au long de la nuit.

Des occasions de trembler, ce n'est pas ça qui manquera, notamment lorsque des bruits venus tout droit du jurassique se feront entendre à l'orée de la jungle, éloigné d'une dizaine de mètres de notre camp de fortune seulement. Si la première réaction sera de la curiosité, nous annulerons bien rapidement notre chasse à la lampe frontale pour sagement revenir vers le 4x4, prêt à gravir l'échelle en cas d'attaque de dinosaure.

L'attaque ne surviendra heureusement pas, le seul obstacle auquel nous aurons à faire face sera la température extrême régnant dans la tente, nous comprendrons bien mieux le pour "2-3 personnes" mentionné sur le site du loueur concernant ce véhicule. Traduction : Deux, c'est bien. Trois, à vos risques et périls.


Une plage paradisiaque complètement déserte, idéal pour se baigner ? Ça aurait pu, si les crocodiles marins ne pullulaient pas dans ces eaux. Il faudra se contenter de la bronzette !

Contrairement au requin, qui jouit d'une image de prédateur humain totalement erronée, le crocodile marin est comment dire... Un peu plus vicieux. Ce dernier prend un malin plaisir à trainer ses proies dans l'eau, les faire tournoyer afin de les déboussoler pour mieux les noyer avant de les ingurgiter.

Tout comme le requin en revanche, les probabilités d'attaque sont vraiment infimes, et faire preuve d'un minimum de bon sens en respectant les panneaux signalant les baignades interdites suffit à rester en sécurité.



De retour à Cairns, nous embarquerons pour une journée barbotage au sein de la Grande barrière de corail. Point de crocodile ici, seulement des méduses possédant un des venins les plus toxiques du règne animal. Une simple combinaison suffit heureusement à s'en protéger.

Pendant que papa-maman découvriront les joies du snorkelling, le fils s'essaiera à la plongée sous-marine libre. Point de moniteur accompagnant notre groupe donc, seulement un partenaire qui s'avèrera être encore moins expérimenté que moi du haut de ses 5 plongées au compteur.

J'avais entendu des avis plutôt mitigés concernant la plongée dans ce spot, les puristes y critiquant la faible profondeur. S'il est vrai que nous ne sommes pas descendus plus profond que 9 mètres, les nombreuses rencontres avec la vie sous-marine, notamment des tortues, rendront cette dernière intéressante et assez différente de ce que l'on peut observer en surface, tuba et masque sur le visage.



Une fois cette escale de quelques jours à Cairns terminée, nous reprendrons une nouvelle fois l'avion direction Sydney, pour mon deuxième road trip Sydney - Adélaïde.

Direction l'agence de location Jucy de Sydney, probablement l'une des dernières qu'il me manquait à tamponner sur ma carte de fidélité !

J'ai déjà eu l'occasion de raconter de nombreuses anecdotes ainsi que de poster de nombreuses photos sur cette partie-ci de la côte, je me contenterai donc de partager quelques clichés inédits des parcs que je n'avais pas eu l'occasion de visiter lors de mon premier passage avec Coralie.


Blue Mountains National Park

Blue Mountains National Park

J'entame mon dixième mois sur le sol australien, et je m'émerveille toujours autant de l'abondance et de la diversité de la faune locale

Âmes sensibles au vertige, prière de vous abstenir

Âmes sensibles aux mouches, prière de ne pas choisir cette plage pour vos vacances

Les Cabes sur le toit du monde !

Une fois Adélaïde ralliée, il sera déjà temps de me séparer de ma famille afin de les laisser retrouver la France. Un joli mois partagé ensemble qui s'achève !

Quant à moi, je me rapatrierai sur Melbourne afin d'y consacrer mon dernier mois chez les kangourous. Je testerai à cette occasion le covoiturage, version covoitureur. Une annonce sur GumTree (le leboncoin.fr local) et quelques coups de fil plus tard, et rendez-vous est prit avec Allie, une australienne souhaitant quitter son Adélaïde natal pour s'installer à Melbourne, ainsi que Marie et Renaud, un jeune couple de backpackeurs, français évidemment !

Nous diviserons la route en deux journées afin de permettre à Marie et Renaud de découvrir la Great Ocean Road. Il s'agira de mon cinquième road-trip sur cette fameuse GoR, je ferai donc naturellement office de guide.

Marie, Allie, un touriste en sweat shirt jaune et vert, Renaud

Je m'installerai un peu comme à mon habitude dans un BnB de la banlieue de Melbourne, et consacrerai principalement ce chaud mois de décembre à jouer au poker, me relaxer sur la plage avec Edouard et Constance, ainsi qu'à descendre des toboggans tout nu lors de soirées quelques peu arrosées avec Marie et Renaud.

Noël arrivera à grands pas, sensation assez étrange que de se promener dans des rues enguirlandées et bordées de sapins alors que l'on est en train de se promener en short/t-shirt sous un chaud 35 degrés d'été. Si je ressentirai la nostalgie un peu plus qu'à l'accoutumée en cette période de fêtes, l'originalité de boire une bière sur la plage pour fêter noël sera assez amusante. La tendance sera clairement aux séparations, je recroiserai une dernière fois Bonnie le jour de mon départ à la station de bus, avant d'embarquer pour Sydney la veille du réveillon.

Fait amusant, je retrouverai là bas Joanna et Jérôme, un couple de français résidant de manière permanente dans le BnB où je les avais déjà rencontré quelques mois plus tôt. Je ferai la connaissance de leur ami Elody, et nous passerons tous les quatre le nouvel an ensemble, que nous consacrerons principalement à admirer le célèbre feu d'artifice de Sydney. C'est à vrai dire la principale raison qui m'a attiré ici, je me devais d'assister à ce chef d'oeuvre mondialement connu avant de quitter le pays.

Pendant que les gens normaux se protègent sous leurs parapluies, les français sortent leur serviette !

L'opéra illuminé (merci Elody, élu meilleur trépied vivant 2013)

Difficile, voir impossible, de photographier une telle scène tant les fresques proposées par les artificiers sont démesurées et embrasent le ciel sur plus de 180°

0h30, la dernière fusée s'éteint, je prends conscience qu'il me reste seulement 11 petites heures à vivre sur le continent océanien...

Fini les repas préparés dans une cuisine encastrable à l'arrière d'un van, les semaines sans prendre de douche, les mois de road-trip sans traverser un hameau de plus de 80 habitants, les discussions philosophiques en anglais au coin du feu avec des inconnus rencontrés la veille, la recherche d'emplacements gratuits où garer le van sur le Camps 7. Tout ça est derrière moi désormais, seuls les souvenirs restent. Alors que l'avion quitte le tarmac de l'aéroport Melbourne-Tullamarine, je ne peux m'empêcher de me remémorer les innombrables choses que j'ai pu faire durant cette riche année 2013, m'imaginer les quelques autres opportunités ratées. L'occasion de prendre conscience que beaucoup plus que les lieux visités, ce sont les personnes rencontrés le long de mon périple qui ont véritablement façonné ce dernier.

24h de voyage et une escale inintéressante à Singapour plus tard, me voilà près d'un an plus tard de retour à Chiang Mai, ville à taille humaine enclavée dans les montagnes du nord de la Thaïlande. Mon point de chute ? Central Hill Place, une résidence remplie de joueurs de poker expatriés. Une nouvelle vie commence !

Le "austra" d'austrasian-trip, c'est fini... Retour sur l'asian !

mercredi 12 mars 2014

Le caillou rouge au milieu du désert

Les compassions pour vous, mes chers compatriotes restés en France, sont à présent terminées. Fini les montagnes enneigés, place maintenant au brûlant soleil de l'outback !

Brûlant, c'est en effet le premier mot qui nous viendra à l'esprit lorsque Coralie et moi descendrons de l'avion fraîchement atterri à Alice Springs. L'air à 36°C relèguera le frais printemps Melbournien au rang de lointain souvenir, et ne pas rôtir sous ce soleil écrasant deviendra notre principale priorité.

Si nous sommes venus cuire ici, c'est bien évidemment pour (entre autres) découvrir le roc le plus mondialement célèbre, j'ai nommé l'Uluru. Nous avons choisis pour ce faire le classique package de 3 jours proposé ici par la totalité des tour-opérateurs. Vous me connaissez, je ne suis en général pas un grand aficionado des formules toutes comprises laissant peu de marge de manoeuvre, y préférant l'auto-organisation et la liberté totale. Mais il faut bien avouer que le peu de temps disponible devant nous et le prix des locations de véhicule nous aura rapidement fait rentrer dans le rang.

C'est ainsi que nous nous retrouverons le lendemain de notre arrivée assis dans un bus, entourés de backpackeurs, en route vers l'outback. Quelques heures de route plus tard, je serai un peu plus sûr d'avoir fait le bon choix quand je regarderai d'un oeil détaché le prix défilant sur le compteur de la pompe à essence, à 2.59$ le litre.

L'échauffement consistera pour ce premier jour en une randonnée autour du Kings Canyon. Nous nous ferons quelque peu materner par notre guide qui viendra inspecter nos sac à dos afin de vérifier que nous avons bien les 3 litres d'eau par personne réglementaire. Je comprendrai mieux la raison de cet acharnement quelques heures plus tard, tant marcher dans cet environnement désertique, chaud et sec au possible, déshydrate rapidement. J'en finirai par marcher ma bouteille d'eau à la main, lassé d'avoir à ouvrir mon sac à dos pour l'attraper tous les 30 mètres.


Kings Canyon

Kings Canyon

Le guide est sympathique, l'ambiance au sein du groupe est bon enfant, c'est donc dans la joie et la bonne humeur que tout ce beau petit monde prendra le soir venu la direction du camp où nous passerons la nuit.

Un léger incident viendra perturber le déroulement de la soirée lorsque la remorque contenant entre autre sacs de couchages et nourriture se révèlera impossible à ouvrir. Le guide repartira alors le plus naturellement du monde avec le bus chercher une nouvelle remorque, nous laissant nous débrouiller au milieu du désert. Les hommes à la collecte du bois et à l'organisation du feu de camp, les femmes à la cuisine, c'est primitif, archaïque, machiste ainsi que divers autres adjectifs, mais ça fonctionne plutôt bien.


Des gens, un feu et une remorque cassée, this is the outback !

Une fois notre repas englouti autour du feu, il sera temps de se glisser au fond de nos sacs de couchages finalement délivrés à temps. La température ayant chuté d'environ 25 degrés durant les 3 dernières heures, le brasier se consumant à quelques mètres de nos pieds sera plus qu'appréciable tout au long de la nuit. Mais ce qui sera encore plus appréciable, c'est ce sublime ciel étoilé qui se dévoilera progressivement sous nos yeux ébahis. Aucune source lumineuse à des centaines, voire milliers de kilomètres à la ronde, aucune pollution, un air désertique totalement pur, toutes les conditions étaient il est vrai réunies.

Il ne me restera plus qu'à visser une paire d'écouteurs dans mes oreilles, sélectionner une playlist soigneusement adaptée, et observer des heures durant la voie lactée ainsi que les étoiles filantes venant régulièrement illuminer le ciel.


Réveil aux aurores le lendemain pour ce deuxième jour placé une nouvelle fois sous le signe de la randonnée. Le soleil montrera rapidement le bout de son nez et viendra aussitôt nous rôtir une fois l'horizon franchit, il sera temps de lever le camp et de prendre la direction du massif de Kata Tjuta.


Challenge du jour : à votre avis, quelle est la hauteur de cette roche ?

Perdu, la bonne réponse était 546 mètres !

La vie animale est tout de même présente malgré les conditions climatiques extrêmes

Le quota brûlage de calories et déshydratation ayant été atteint pour la journée après ces 5 heures de marche, il sera temps d'aller apprécier un verre (d'eau) devant le tant attendu Uluru.


Uluru, recto

Ce n'est donc pas une légende, le changement de couleurs est impressionnant, toutes les teintes de rouge, marron, jaune étant représentées

On peut même rajouter le noir en étant prêt à attendre une petite heure supplémentaire

Plus de soleil, cela veut donc dire nouveau camp à mettre en place pour la nuit, n'importe quel espace plat et dégagé faisant l'affaire. Ça tombe plutôt bien, il y en a des milliers de kilomètre carré tout autour de nous ! Cela paraîtra même presque trop facile avec un guide pour nous aider et aucun incident à déplorer.

Nouveau réveil matinal le lendemain, et nouvelle observation d'Uluru, au level du soleil cette fois-ci.

La silhouette n'a pas changée depuis hier
Je ne me souviens plus trop comment nous en sommes venus à prendre cette pose

Nous consacrerons la matinée à (oh surprise) une randonnée. L'Uluru Base Walk, comme son nom l'indique, permet de boucler autour du roc, cela représentant tout de même une bonne dizaine de kilomètres.

Uluru, verso, la face que vous ne verrez jamais sur les cartes postales, pourtant tout aussi (si ce n'est encore plus) belle.

Il sera ensuite déjà temps de retourner sur Alice Springs, notre vol pour Sydney étant planifié le lendemain.


Pour être honnête, j'appréhendais quelque peu ma venue ici, craignant comme souvent l'influence négative que le tourisme de masse aurait pu avoir sur l'endroit. L'aura internationale que dégage ce caillou aura eu raison de mes craintes, et je n'ai absolument aucun regret d'avoir fait le déplacement jusqu'ici.

Le type d'excursion y a je pense beaucoup joué, le prix bas du package impliquant un côté roots plus que bienvenue, les nuits d'observation astrale m'attirant plus que les verres de champagne sur une chaise pliante aux abords de l'Uluru. Uluru qui se sera avéré être un sujet photogénique au possible pour l'amateur de photographie que je pense être devenu. Quelques rencontres sympathiques et un guide bien fun feront forcément de ces trois jours une étape dont je me souviendrai !

Qui a bu le plus de verres de coca cola ? La question reste entière

Il est temps maintenant de s'envoler pour une nouvelle escale de quelques jours à Sydney, durant laquelle je quitterai Coralie afin de m'envoler chez les kiwis !

Et hop, un petit trait au milieu histoire de colorier aussi l'intérieur des terres !

mercredi 15 janvier 2014

Silence, moteur, ça tourne... Action !

L'Australie, c'est malheureusement fini...

Je suis en effet de retour sur le continent Asiatique depuis une quinzaine de jours, séjour qui sera évidemment l'occasion de nouveaux articles.

En attendant, et en attendant la rédaction de mes billets sur mes dernières aventures australiennes, je vous laisse sur un petit (gros) teaser, ma dernière réalisation vidéo retraçant la deuxième moitié de mon séjour en Oz, enjoy !


vendredi 20 décembre 2013

Deux semaines en Tasmanie, partie 2

Bien, maintenant que le mois de décembre est confortablement installé et que les pensées du réveillon de noël au coin du feu ont chassées celles déjà bien lointaines des après-midis estivales passées à lézarder sur la plage, je m'en vais vous conter, dans l'air du temps donc, mes froides aventures montagneuses.

Comment ça, il fait froid en Australie alors que l'été approche à grands pas ? Et bien... c'est possible ! Si l'on est au "bon" endroit au "bon" moment. Heureusement, les nombreuses randonnées au programme seront là pour nous réchauffer !

Naïf comme deux petits français que nous sommes, nous commencerons par joyeusement nous élancer à l'assault du mont Rufus, 1416 petits mètres, professionnellement équipés de jeans, sweat shirts et tartines de beurre de cacahuète.

Cet élan d'optimisme s'avèrera être une monumentale erreur... Les 13 degrés régnant au point de départ, situé à 800m d'altitude, ne laissaient en aucun cas présager le carnage qui va suivre. En effet, au fur et à mesure que nous progresserons, une mystérieuse substance blanche emplira le paysage. Après investigation, nous réaliserons qu'il s'agit... de NEIGE ! Un mot sorti de mon vocabulaire il y a fort longtemps.

Rouge, vert, noir, blanc... L'arc-en-ciel revisité à la tasmanienne

La situation restera jusque là sous contrôle, le fait de pouvoir jouer comme des enfants de 3 ans dans la neige en Australie étant plutôt amusant. Elle se dégradera un peu lorsque nous réaliserons que les flaques de neige disparates se transformeront en manteau neigeux de plus en plus épais au fur et à mesure que nous gagnerons de l'altitude. Nous nous retrouverons bien vite à marcher dans 60cm de neige, ce qui n'est pas vraiment l'environnement idéal pour deux touristes en jean.

Le chemin deviendra ensuite bien plus pentu, l'ascension à proprement parler commençant ici. Et c'est également ici que commencera le ruissellement des eaux provenant de la fonte des neiges situées au dessus de nous. Tels deux saumons remontant bravement ce torrent (quelle belle métaphore), nous arriverons malgré tout sur la partie supérieure de la crête, complètement trempés. Et quelle surprise nous a gentiment attendu sur la crête ? Un blizzard digne de l'Himalaya pardi ! 5 mètres de visibilité, un vent à décorner les boeufs rendant difficile le simple fait de rester debout et un chemin complètement enseveli sous la neige. On se croirait en train de gravir un 5000, c'est assez surréaliste de penser que nous sommes seulement à 1400m ! Heureusement, des poteaux de marquage fluorescents nous aiderons à rallier le sommet malgré tout, non sans difficulté.

Pour la vue du sommet, je compte sur votre imagination, mes mains ayant été bien trop occupées à essayer de se réchauffer à l'intérieur de mes poches pour prendre des photos... Il n'y avait de toute façon pas grand chose à voir vu la visibilité !


Une fois redescendus et réchauffés, nous nous remettrons en route afin d'atteindre le lendemain le point de départ de la prochaine randonnée, dans le Southwest National Park. Pas de montagne à gravir, une altitude proche du niveau de la mer, un modeste 16km aller-retour afin de rallier le lac Judd, bref, finger in the nose ! Erreur d'appréciation numéro deux...

Point de neige au programme aujourd'hui, mais un élément naturel tout aussi excitant : la boue. Des tooooonnes de boue ! Le sentier se révèlera être un véritable lit de rivière excellant à merveille dans le stockage de l'eau de pluie.


Coralie, transpirant la joie de patauger dans la boue

Sentier de randonnée, ruisseau, canular ? Je vous laisse choisir

Si la randonnée doit j'imagine être assez facile en conditions sèches, il en sera tout autre en cette saison humide. Le jeu consiste à vaguement suivre le cours d'eau tout en slalomant au milieu de la végétation pour trouver un bout de terre ferme où poser nos pieds. C'est assez physique, et l'abandon de Coralie sera malheureusement à déplorer après un peu plus d'une heure du marche. Têtu comme je suis, je déciderai de continuer en solitaire, je n'abandonnerai pas avant d'avoir vu le lac !


Quelques pontons sont heureusement là pour me redonner espoir de me sécher les pieds

Et le ciel bleu est même de la partie, que demander de plus !

Après près de 2h30 de marche, n'ayant aucune idée de mon avancement actuel et réalisant que le lac pourrait encore être très loin, je décide d'abandonner l'idée d'éviter la boue plus longtemps, et me met à l'affronter en marchant en plein dans le sentier-ruisseau. S'enfoncer de 5 à 10 centimètres dans un mélange d'eau et de boue à chaque pas n'est pas la sensation la plus agréable du monde, mais le gain de temps est considérable.

Le ciel se dégageant de plus en plus et le paysage sublime et sauvage m'entourant sont là pour me donner du baume au cœur, tout va bien, quand soudainement, tout bascule... un pas qui était sensé ressembler à tous les autres, sauf que mon pied ne trouvera pas le fond ferme sur lequel il s'attendait à prendre appui, pas même une fois enfoncé jusqu'à la cheville. Non, il continuera à explorer les profondeurs de cette flaque de boue abyssale, qui avalera mes pieds, puis mes chevilles, puis mes genoux... Je me rattraperai par réflexe instinctif aux branches tombant sous ma main, non sans m'enfoncer jusqu'à la taille ! Noyé dans une flaque de boue au beau milieu d'un sentier à l'abandon depuis des lustres... On aurait mit du temps à me retrouver !


Donc non, les flaques de boue d'un mètre de profondeur, ça n'existe pas que dans Vidéo Gag
Heureusement, le prochain obstacle se dressant sur ma route se constituera d'une rivière à traverser, une douche glacée forcée presque bienvenue ! Les 80 centimètres de fond associés au courant assez fort ont été un instant sur le point de me faire faire demi-tour, mais je crois que plus rien n'est capable de me faire renoncer après ce que j'ai enduré pour arriver jusqu'ici !

Et après un peu plus de 4h de marche acharnée, je rallierai non sans fierté l'objectif...


Lake Judd, bordé par de sublimes falaises enneigées. Les conditions climatiques n'étaient pas vraiment propices à faire des photos de qualité, mais qu'importe, ces souvenirs sont gravés dans ma mémoire !

Le sentiment de satisfaction s'évadera peu à peu pour laisser place au désespoir lorsque je commencerai à prendre conscience que 4 nouvelles heures m'attendent avant de rallier le van et de me mettre au sec. L'avantage non négligeable, c'est que je saurai désormais où se trouvent les pièges à éviter. J'arriverai finalement à destination dans un état assez méconnaissable, vous me croirez probablement quand je vous dirai qu'une douche bien chaude ne m'a jamais autant manqué que ce soir là !

Lake Gordon

Russell falls, Mt Field National Park

Quand on conduit de nuit dans un chemin, sous un brouillard intense, et que l'on se retrouve à piler pour éviter de finir coulés au milieu d'un lac... Et bien ça fait un emplacement de camping idéal !

La conduite de nuit d'ailleurs, bien que nous ayons essayé de l'éviter au maximum, a été régulièrement nécessaire afin de boucler notre tour de l'ile en deux semaines seulement. Et la vie animale présente sur les routes la nuit en Tasmanie est assez impressionnante ! Un opossum sera tristement victime de notre roue avant gauche, repose en paix, aussi nuisible sois-tu.

Troisième et dernière grosse rando avant de reprendre le ferry, probablement la plus fameuse de l'ile, l'ascension de la Cradle Moutain. Et croyez le ou non... Tout s'est merveilleusement bien passé pour cette dernière ! Mis à part que j'ai du à regret abandonner à une centaine de mètres du sommet seulement, les 2 mètres de neige présents ne permettant pas, même à un homme aussi bien équipé que moi, de traverser.


À l'abordage de la Cradle !

Des lacs d'un noir opaque contrastant avec le brillant de la neige l'entourant... C'est bô !

Roches typiques de la Cradle Moutain

Pas au sommet, mais presque !












Une sympathique promenade de 8km permet de rallier le point de départ. On aperçoit le sommet en arrière plan, c'est de là que j'viens !

C'est sur cette randonnée de 34km à couper le souffle, autant au sens premier du terme qu'à celui plus imagé de mon ressenti face aux vues impressionnantes observées, que se terminera cette escapade tasmanienne. J'en garderai vraiment un excellent souvenir, entre les paysages variés et toujours aussi beaux, le penchant sauvage de l'ile et la rareté des touristes, les sentiers allant du hardcore à l'aménagé juste comme il faut... Les conditions climatiques très moyennes ne sont rien comparés à tous ces points positifs, et j'espère vivement revenir un jour ici, notamment pour compléter la célèbre Overland walk, marche de 65km traversant les plus beaux paysages de l'ile.

Ça peut paraitre ridicule à l'échelle de l'ile principale, mais on a tout de même parcouru près de 1500 km en Tasmanie !

mercredi 20 novembre 2013

Deux semaines en Tasmanie, partie 1

"Un mois en Indonésie", "Deux semaines en Tasmanie", l'originalité des titres, c'est plus ce que c'était...

Mais qu’importe, mettons ce manque d’originalité sur le compte des deux longs mois de retard que j’ai honteusement accumulé, et passons à l’action !

Action qui se matérialise en l’occurrence sous la forme d’une traversée en ferry afin de rallier la Tasmanie, 8ème et dernier état du pays manquant à mon palmarès d’explorateur. La Tasmanie - Tassie pour les intimes - est une ile faisant près de deux fois la superficie de la Suisse, situé environ à 240 km au sud de Melbourne. Une Corse australienne version XXL en quelque sorte, avec 20°C de moins et quelques diables en plus.

Petit rappel des faits, je voyage toujours avec Coralie, nous sommes encore dans notre palace-roulant-vert-et-violet, et nous sommes le 15 septembre 2013 (si, si !)

Nous nous rendrons donc à l’embarcadère tous pleins faits, essence, nourriture, car c’est moins cher à Melbourne, malin que nous sommes.
Nous nous ferons en fait saisir l’intégralité de nos achats, car nous avions oublié la quarantaine en place, idiots que nous sommes. Plus de 50$ partirons donc en fumée sous nos yeux, et surtout un triste gaspillage de fruits et légumes totalement frais…

Cet incident mis de côté, la traversée se passera heureusement sans encombre et nous débarquerons sous une pluie battante à Devonport, au nord de l’ile. Nous nous mettrons donc en quête d’activités intérieures afin d’échapper à la douche, et quoi de mieux que de s’enterrer vivants pour éviter la pluie !

Marakoopa cave
Marakoopa cave
Marakoopa cave

La grotte se révèlera assez variée, une cavité comprenant notamment une colonie de vers luisants. Aucune photo à vous montrer malheureusement, mais ces millers de vers semblables à des constellations tapissant la voûte de la grotte sont imprimés dans ma mémoire.

Dégustation de miel dans une exposition dédiée au précieux nectar ainsi que divers musées viendront compléter la journée. Bref, on s'occupe comme on peut étant donné la météo capricieuse. Nous réaliserons bien rapidement qu’il pleut environ 8 jours par semaine en Tasmanie, on s’y fera donc.




Rien ne vaut un bon GP-patates pour se réchauffer ! À ceux qui oseraient prétendre que je suis en charge de la partie GP pendant que Coralie s'occupe de la partie patates, j'oserai répondre que non

Nous nous attaquerons ensuite à l'innombrable liste de parcs nationaux à explorer. Près de la moitié de l'ile est en effet protégée, et les randonnées au milieu d’immenses espaces sauvages ne manquent pas, il y en a pour tous les goûts.

Freycinet national park

Freycinet national park

De l'eau, de la verdure, des montagnes, pas âme qui vive, cette photo pourrait être représentative de la Tasmanie... Si le ciel n'était pas aussi bleu !

Hobart, capitale de l'état de Tasmanie, et 200 000 âmes seulement

Il aurait été inconcevable de venir ici sans voir de mes propres yeux le fameux diable de Tasmanie, vous vous en doutez bien. Malheureusement, ce dernier est encore plus menacé de disparition que ce que je ne le craignais, il est par conséquent extrêmement rare d’en observer dans leur milieu naturel. C’est donc dans une réserve dédiée à leur conservation que je mitraillerai de photos l’animal.

C'est mignon un diable de Tasmanie en fait...

...tant qu'il n'y a aucun de ses congénères dans les parages !

Heureusement, ils ont mis quelques kangourous qui se font des bisous pour le côté glamour

Direction ensuite des terres encore plus sauvages et reculées, j’ai nommé Maria Island. Nous délaisserons notre van pour embarquer dans un petit bateau nous emmenant sur cette ile ne comprenant aucun résident permanent, aucune route, aucun véhicule à moteur, et aucun réseau d’eau courante ni électrique !

Un “village” rassemblant quelques bâtisses en pierre datant d’un autre temps fait office de seul logement sur l’ile. Mais à peine le temps de déballer nos affaires dans un des dortoirs rustique que l’un des rangers travaillant ici viendra à notre rencontre, l’air embarrassé. Et air embarrassé il aura raison d’avoir, car il devra nous annoncer que plus aucune place n’est libre, une colonie de lycéens ayant réservé l’ensemble des places disponibles. On aura réussi le bel exploit de se faire surbooker sur Maria Island !

Après concertation, nous nous verrons proposer de rester chez le chef des rangers, ce dernier ayant sa propre maison. Maison contenant même… des prises de courant ! Sur générateur bien entendu. Encore une fois, notre non-organisation sera récompensé à sa juste valeur, et nous profiterons de la compagnie de ce sympathique bonhomme.


Pendant que les enfants lycéens restent dans les parages, les grands partent en vélo à la découverte de l’ile ! C’est en effet ce à quoi nous consacrerons majoritairement nos deux jours ici, rando-vélo-dodo ! J’ai beau avoir parcouru pas mal d’endroits dans ma modeste carrière de voyageur, je n’ai rarement autant ressenti une telle sensation de dépaysement. Imaginez un peu, nous sommes sur l’ile de Maria Island, rattachée à l’ile tasmanienne, rattachée à l’ile australienne, elle même à peu près à l’opposé total de la France. La sensation de bout du monde est donc bien là, le côté géographique étant grandement amplifié par l’ambiance régnant ici.


Je n'ai évidemment pas pu m'empêcher de grimper le point culminant de l'ile, voici donc la vue du haut du Mont Maria, 711m
Une bonne dizaine de kilomètres de plage rien que pour nous !

La "French farm", un hangar des années 30 abandonné depuis belle lurette, rare construction humaine de l'ile

Je pourrais vous noyer de photos de plages et forêts totalement désertes, mais ce serait bien insuffisant pour vous faire ressentir le calme et la tranquillité régnant dans ce petit bout de terre isolé. Alors en cas de burnout, n’hésitez pas, venez passer quelques semaines sur Maria Island !

Bruny Island (les iles et nous, une véritable histoire d'amour décidément)
Je croule littéralement sous le poids accâblant de ma massive barbe de deux semaines !

Un billet sur ce blog sans sa photo longue exposition n'en serait pas un !

J’interromps là ma première partie de mes aventures tasmaniennes, et je vous garde le meilleur pour la suite bande de petits veinards !